Élevage des génisses et reproduction

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L'âge au vêlage des génisses laitières a un impact important sur le coût de renouvellement du troupeau laitier et sur le résultat économique de l'élevage. L'objectif est de tendre vers un âge au vêlage de 24 mois alors qu'il est en moyenne encore supérieur à plus de 30 mois dans plusieurs régions françaises. La réussite du vêlage 24 mois impose un suivi rigoureux de la croissance aux périodes clé de la vie de la génisse (6 mois, un an, à la rentrée et à la sortie du bâtiment, au moment de l’insémination) pour corriger des erreurs éventuelles de conduite. La pesée des animaux est le meilleur indicateur mais elle est peu utilisée par les éleveurs laitiers en raison des contraintes de temps, de disponibilité de matériel de contention et de pesée, du coût du service ou de l’investissement d’une bascule. La barymétrie ou mesure du tour de poitrine (tour thoracique) est une technique alternative qui est assez facile à mettre en œuvre et peu coûteuse.

En bref

  • L’analyse d’un échantillon de 3 419 mesures a permis d’établir trois équations ayant une forte corrélation entre le tour de poitrine (TP) et le poids vif des génisses.
  • L'âge au vêlage des génisses laitières normandes ne modifie pas la relation entre le poids vif et le tour de poitrine.
  • Lorsque la technique est bien utilisée, elle permet d'estimer au mieux le développement corporel des génisses laitières normandes à partir d'une mesure simple facile à mettre en œuvre dans la plupart des élevages.
  • La barymétrie nécessite une formation à la méthode et des contrôles de la précision des mesures.

Le coût du renouvellement des troupeaux laitiers pèse lourdement sur le coût de production du lait et l’âge au vêlage des génisses intervient fortement sur ce coût de production.
Une « économie » d’une année d’élevage peut avoir un impact économique fort en libérant des surfaces pour faire d'autres productions et en limitant les infrastructures. Mais les pratiques, les habitudes ou des idées reçues concourent à maintenir des âges au vêlage tardif de plus de 33 mois en race normande.

Des essais comparatifs de vêlages à 2 ans et à 3 ans ont été menés sur des lots de génisses normandes.

En bref

  • Malgré un poids au premier vêlage plus faible, les génisses « vêlage précoce » ont une longévité au moins aussi bonne que les génisses qui vêlent à 3 ans.
  • Les génisses précoces produisent moins de lait sur les 3 premières lactations que les génisses qui vêlent à 3 ans, mais elles font en moyenne un peu plus de lactations, ce qui leur permet de produire autant de lait sur leur carrière.
  • Les génisses précoces ont un nombre de jours improductifs inférieurs aux génisses qui vêlent environ 12 mois plus tard et produisent plus de lait par jour de vie : 8,4 kg vs 7,2 et 7,6 kg respectivement pour les génisses « vêlage 3 ans intensif » et les génisses « vêlage tardif ».

Des plans constants (c’est-à-dire même quantité de buvée quel que soit l’âge du veau), à base de lait entier ou d’aliment d’allaitement, ont été mis au point afin de simplifier la conduite des veaux laitiers jusqu’au sevrage. De plus, pour réduire le travail d’astreinte, un plan au lait entier en 6 repas par semaine a été validé.
L’allaitement des veaux avec du lait fermenté est également une technique de simplification de l’élevage des veaux, mais le plan d’allaitement préconisé prévoit des quantités de lait variables selon l’âge des veaux, en 7 repas par semaine.

La technique du plan constant est-elle compatible avec le lait fermenté ? Le lait fermenté peut-il être distribué seulement 6 fois par semaine ?

En bref

  • Les veaux ont été allaités dans les deux lots pendant 10 semaines (tableau 2). Les veaux du lot 6 L ont consommé un peu moins de lait (- 11 l / veau sur la phase lactée) que ceux du lot 8-6-4 l.
  • A la Blanche-Maison, les veaux du lot 6 L ont ingéré plus de concentrés que ceux du lot témoin (+ 5 kg/veau), alors que le constat est inversé avec la ration mélangée utilisée à Trévarez (- 9 kg brut / veau).
  • Au sevrage, les poids des veaux des deux lots ne sont pas statistiquement différents. Aucun effet lié aux stations ou aux différentes périodes de l’essai sur les résultats n’a été mis en évidence.
  • Après sevrage, les veaux des deux lots ont été élevés ensemble et ont reçu une alimentation solide constituée des mêmes aliments que durant la phase lactée. A 6 mois, le poids des veaux est similaire entre les deux lots (176 et 174 kg), mais l’objectif de 200 kg n’est pas atteint.

La stratégie de la double période de vêlages groupés sur deux mois et espacés de 6 mois, présente un intérêt important pour l’ensemble de la filière laitière. Elle permet de limiter les besoins du troupeau à deux périodes critiques de l’année où les croissances d’herbe dans les prairies sont faibles voire nulles (hiver/été) et d’avoir une collecte de lait plus régulière au cours de l’année. Cette stratégie permet également de faire vêler les génisses à 28-30 mois, idéal pour les races laitières mixtes comme la Normande.

Durant 5 ans, un essai a de système laitiers à haute performance économique et environnementale a intégré cette stratégie de la double période de vêlages groupés sur deux mois et espacés de 6 mois.

En bref

  • Pour chaque système et pour chaque période de vêlage, 9% de vaches vêlent de nouveau à la saison suivante après une lactation de 18 mois.
  • Le taux de réforme pour cause de reproduction se situe entre 13 et 26% selon le système et la période.

Publications

ACTUALITES

jeudi 16 novembre 2017

Retour sur les présentations et démonstrations de la 4e Rencontre agro-numérique à la ferme expérimentale de Normandie.

vendredi 08 septembre 2017

La Ferme expérimentale de la Blanche maison à mis en place la reproduction en bande continue avec le début de 6 semaines d’IA et de vêlages le 1er août.